JEAN-PAUL DENIZON
Note de Mise en Scène
Quelquefois notre passé est comme un mort qui nous suit partout. Et comme tous les morts que l’on n’arrive pas à envoyer dans leur monde, il s’interpose sans cesse entre nous et les autres : il nous empêche de vivre.
Le texte d’Aristides Vargas parle de ce sujet avec beaucoup d’humour et une faculté à faire rire exceptionnelle.
L’histoire est simple : deux soeurs ont vécu leur enfance dans une maison maintenant remplie du souvenir des morts. Des mortes, devrait-on dire, car leur monde a été peuplé de femmes : des grand-mères, des tantes, des servantes. Pas d’homme, sauf le rappel vague d’un père, mort lui aussi. La dernière survivante, la mère, va mourir. Les deux soeurs, dont l’une vit encore dans la maison, échangent une correspondance dans laquelle elles parlent de leur passé commun pour tenter de le comprendre, et surtout de s’en libérer afin de pouvoir commencer à vivre, vraiment, sans cette présence permanente des morts qui les hantent et les tirent sans cesse en arrière.
Et, magie du théâtre, peu à peu ces lettres deviennent vivantes et les deux soeurs revivent leur passé comme au présent. Elles le reconstruisent en réincarnant leur propre personnage, mais aussi toutes les autres femmes de la maison.
S’ensuivent des scènes loufoques, oniriques, à la limite de l’invraisemblable, mais qui nous donnent toujours à réfléchir sur nous-mêmes, sur ce qui nous constitue et à comprendre que tant qu’un individu n’a pas clarifié son passé, sa vie présente en est troublée.
Puisque, dans cette histoire, le temps se présente en désordre, qu’il s’agit d’explorer des univers mentaux et des mondes affectifs, le décor devra donner l’impression, mais seulement l’impression, d’un bric à brac d’objets et de meubles, de lieux, car ce sont eux qui le plus souvent sont les garants de la mémoire.
La mise en scène tentera de rendre compte de ce climat particulièrement émouvant que l’on pourrait nommer visite des lieux de la mémoire. Pour mieux vivre dans le présent avec soi-même et les autres.
Jean-Paul Denizon (janvier 2012)
Jean-Paul DENIZON – Metteur en scène
> Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (1974-76)
Rencontre avec Peter Brook (1979)
>
La Cerisaie, aux Bouffes du Nord, mise en scène Peter Brook. (1979)
>
La Tragédie de Carmen, mise en scène de Peter Brook. (1981)
> Directeur associé pour Peter Brook, dirige la troupe de Carmen à New-York au Lincoln Center, à Tokyo, Athènes, Jérusalem, Perth, Glasgow, Rome, etc (1984-89)
>
Le Mahabharata, comédien et assistant de Peter Brook. (1985-89)
> Le Mahabharata, Le film. (1988)
>
La Tempête, mise en scène de Peter Brook. (1991)
A partir de 1991, se consacre à l’écriture et la mise en scène :
> Mise en scène à Rome et Milan de
Il viaggio dell’ uomo che cercava dont il est également l’auteur en collaboration avec Jean Claude Carrière.
> En collaboration avec le Théâtre Ouvert de Paris, mise en espace de
Les yeux d’encre de Arlette Namiand à Rome.
> Dirige, pour le premier Festival du Théâtre Italien d’Aujourd’hui au Théâtre du Petit Montparnasse, mises en espaces et lectures. (1992)
> Mise en scène à Rome de
Un Singe à l’Académie d’après F. Kafka. (1992-93)
> Mention Spéciale du Jury du prix «Théâtre italien contemporain» décerné par la Société Italienne des Auteurs (SIAE) pour l’adaptation française de
Marina et l’autre de Valeria Moretti. (1993-94)
> Directeur artistique du Jeune Théâtre Européen du Luxembourg. (1993-95)
> Adaptation française et mise en scène de
Un Singe à l’Académie d’après
Un Rapport à l’Académie de Kafka à Luxembourg. (1994)
> Dans le cadre de «Luxembourg capitale européenne de la culture 1995» mise en scène pour le Jeune Théâtre Européen de
Les Rêves d’Anne Frank de Bernard Kops.
> Participe au Festival d’Avignon 1995 avec
Un Singe à l’Académie d’après Kafka, au Théâtre du Chêne Noir.
> Mise en scène de
La dispute de Marivaux au Théâtre du Renard à Paris. (1996)
> Mise en scène de
Hamlet sauce piquante de Aldo Nicolaï à Athènes. (1996-97)
> Adaptation française de
Rendez-vous à l’auberge de Valeria Moretti. (1997-98)
> Mise en scène de
Frida Kahlo, une palette rouge sang de Valeria Moretti. (1999)
> Création en Allemagne (Nuremberg) pour la Cie Mummpitz de
Salto und Mortale, auteur et metteur en scène. (2000)
> Adaptation et mise en scène du
Conte de l’île inconnue de José Saramago, à Nuremberg pour la Cie Mummpitz. Obtient le prix du Public et le prix du Jury pour son spectacle
Salto und Mortale au Festival Bavarois du Théâtre à Ingolstadt. (2001)
> Reçoit le Bayericher Theater Preis (2002) à Münich pour
Salto und Mortale, prix décerné pour le meilleur spectacle jeune public de l’année en Allemagne.
> Mise en scène au Théâtre Daniel Sorano de
Malaga de Paul Emond. (2003)
> Création au Théâtre Daniel Sorano de
Moi qui marche, auteur et metteur en scène. (2004)
> France Culture, adaptation de
Rendez-vous à l’auberge de Valeria Moretti. (2004)
> Mise en scène et auteur, au Théâtre d’Ingolstadt (Allemagne) de
Le Coeur froid, tiré de la nouvelle de Wilhelm Hauf. (2007)
> Mise en scène à Nuremberg pour la Cie Mummpitz de
Pikko die Hexe. (2007)
> Adaptation française de
Ongles de Valeria Moretti. (2008)
> Mise en scène et co-auteur de
Prometheus, à Nüremberg pour le Théâtre Mummpitz. (2009)
> Mise en scène et co-auteur de
Willi und die grosse Mauer pour le Théâtre Mummpitz. (2009)
> Mise en scène à Rome, à la Fonderia 900, des
Trois soeurs de Tchékov. (2010)
> Mise en scène à Catania (Théâtre National de Sicile) de
Il drago de Evgueni Schwartz. (2011)
Formateur (depuis 1985)
> Dirige de nombreux stages en France : Bourges, Valenciennes, Clermont-Ferrand, Grenoble, Besançon, Laon…
Et à l’étranger : Rome, Milan, Glasgow, Berlin, Munich, Hambourg, Francfort, Perth, Athènes, Liège, Luxembourg, Lausanne, Bruxelles, Amsterdam, Catane, Cagliari, etc…
> Université de Rome-La Sapienza : conférences sur le théâtre, laboratoires.
> Dirige régulièrement des stages de formation pour les intermittents du spectacle, stages conventionnés par l’AFDAS, fonds d’Assurance Formation pour les métiers de la Culture et de la Communication.